‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 170 sur 297 · Ibid. a. 4. ad · texte numérisé non relu

Ibid. a. 4. ad

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de propriété ; mais, il est aussi des âmes soi-disant chrétiennes qui ne se font pas scrupule d'attaquer la réputation du prochain et commettent ainsi une injustice flagrante. Le prochain, en effet, a droit à l'intégrité de sa réputation et notre devoir est de la respecter.

On peut y porter atteinte de trois manières, dit saint Thomas (1).

1^ En dévoilant avec raison un fait vrai, quand par exemple, on est appelé à déposer en justice et que l'on dit ce dont on est sûr. Il est évident que notre déposition ternira la réputation du prochain, mais nous avons accompli un devoir et par conséquent, il n'y a pas lieu à restitution. Dans des circonstances moins solennelles, il est encore permis de faire connaître des faits sur lesquels on n'a aucun doute et dont les preuves sont certaines, s'il s'agit d'une cause grave et si nos révélations sont de nature à prévenir un malheur.

2*^ En affirmant injustement une chose fausse. Ici, le doute n'est pas possible ; notre devoir est de rétablir la vérité des faits, de rendre au prochain sa réputation indignement compromise et de lui restituer les dommages occasionnés par la calomnie. Il nous en coûtera peut-être beaucoup d'avouer que nous avons menti ; coûte que coûte, le devoir est là, et la Justice exige une réparation.

3° En affirmant injustement une chose vraie. Nous avons été témoin d'un acte répréhensible, nous n'avons aucune raison d'en parler, notre devoir est donc de garder le silence ; en agissant autrement, nous nous condamnons à une restitution indispensable. Mais comment faire ? Pouvons-nouSj par un mensonge, nier le fait vrai dont nous

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