‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 17 sur 297 · Montée du Carinel, ch. m · texte numérisé non relu

Montée du Carinel, ch. m

DE SAINT THOAfAS d'aQUIN. 33

nous fait la grâce de voir si clairement qu'il doit en être ainsi que ces ténèbres sont lumineuses. C'est donc avec un calme inaltérable que l'àme fidèle dit simplement : je ne comprends pas, mais je crois et je vois que je ne puis pas comprendre.

Cette soumission, cette sainte obscurité, cet aveuglement, pour me servir de l'expression de saint Jean de la Croix, n'excluent ni l'étude, ni les recherches, ni la louable ambition de se rendre compte de sa Foi. « Pour connaître la vérité surnaturelle qui n'est clairement dévoilée qu'à ceux qui voient l'essence divine, la raison humaine, dit saint Thomas (1), peut réunir des preuves et les approfondir, quoiqu'elles ne nous découvrent pas les derniers secrets de Dieu. Cependant, il est très utile de se livrer à cette étude pourvu qu'on n'ait pas la présomption d'arriver à une démonstration complète. La méditation de ces sublimes mystères, quelque obscure qu'elle soit, procure des jouissances infinies. C'est aussi l'opinion de saint Hilaire dans son livre de la Trinité : Celui, dit-il, qui médite pieusement les choses divines, se perfectionnera en avançant toujours, quand même il n'arriverait jamais. Seulement, qu'il n'ait pas la témérité de vouloir pénétrer le mystère de Tintelligence infinie, mais qu'il comprenne qu'elle est incompréhensible.

Cette étude est un devoir pour le théologien ; elle est aussi une consolation pour le fidèle^ qui voit avec bonheur le triomphe et la beauté de sa croyance ; elle ne diminue, du reste, en rien le mérite et la soumission de la Foi (2). La raison et la foi se prêtent ainsi un mutuel con-

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