‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 171 sur 297 · T. q. LXII, a. 2. ad · texte numérisé non relu

T. q. LXII, a. 2. ad

DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 277

avons parlé ? Évidemment non, mais il faut être ingénieux à trouver les moyens de réparer les torts causés par notre bavardage coupable ou par notre méchanceté. Gela varie d'après les circonstances et selon la nature du dommage. Un chrétien doit être très sévère sur ce point et ne jamais céder à la détestable manie de parler des défauts du prochain. La médisance en chose grave est un péché mortel ; si elle porte sur des matières légères, elle est un péché véniel; mais l'habitude de la médisance, même légère, est incompatible avec la solide piété et avec le désir d'avancer dans les voies de Dieu. Faut-il cependant proscrire sans pitié l'enjouement dans la conversation et les sourires provoqués par une spirituelle causerie? Saint Thomas enseigne qu'il peut en cela n'y avoir aucun péché, pourvu que l'on n'ait pas l'intention de contrister ou de molester le prochain (1). Dans ces conditions, une innocente plaisanterie est permise, mais il est plus parfait de s'en abstenir.

Un chrétien doit être dans la disposition de supporter les injures et les paroles outrageantes qu'on peut lui adresser et de mettre en pratique le conseil de Notre-Seigneur : Bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour vos calomniateurs, et si on vous frappe sur une joue, présentez l'autre (2). Mais la patience a des bornes, voici celles qu'assigne saint Thomas (3). Il est des cas où, dans l'intérêt du calomniateur, c'est un devoir pour nous de réprimer son audace, afin qu'il ne soit pas encouragé à poursuivre ses attaques ou même à les pousser plus loin.

1. Hocpotest esse sine jjeccalo, si dehitœ circumstantiœ observantur, ^\ 2«. q, Lxxni, a. 2. ad. 1.

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