‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 177 sur 297 · Ibid. Lxxxiv, a · texte numérisé non relu

Ibid. Lxxxiv, a

DE SAINT THOMAS d'aOTHN. 283

ment propice à l'ailoralioii, et h ninllitiide des fidèles qui s'y réunissent danne à notre prière une force que n'a pas la prière privée : Là où seront deux ou trois hommes assemblés en mon nom, dit Notre-Seigneur, je serai au milieu d'eux (1).

La conséquence de l'adoration est l'empressement de la volonté à exécuter tout ce qui est du service de Dieu. Comment se détendre contre le désir do plaire au Dieu qu'on adore : ce désir, cet empressement de la volonté s'appelle la dévotion (2). Cette définition de saint Thomas nous apprend donc que la dévotion ne consiste ni dans la multiplicité des pratiques, ni dans la douceur que l'on goûte parfois au service de Dieu ; non, la dévotion n'est pas cela : elle est la promptitude de la volonté à se consacrer au service de Dieu. Or, le service de Dieu est avant tout la soumission à la volonté divine ; c'est là, pour ainsi dire, le centre et le cœur de la dévotion. Les parties accessoires de la dévotion sont les choses qui ont rapport au service de Dieu, par exemple, la fidélité aux exercices de piété, le respect profond des choses saintes, le soin des autels, l'amour des pauvres, etc., etc. Mais une âme qui négligerait le principal pour se donner à l'accessoire^ aurait une dévotion bien peu éclairée. Qu'importe la fidélité scrupuleuse à une pratique qui nous plaît si, à la moindre occasion, nous nous révoltons contre la volonté divine, en mettant de côté nos devoirs d'état, en n'acceptant qu'à contre-cœur les mille petites contrariétés que i Dieu permet pour éprouver notre dévouement? Si tels sont nos sentiments, nous n'avons pas encore compris la véritable dévotion.

i. Mattli. XVIII, 20.

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