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DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 285
« de nous faire faire généralement et universellement tous « les commandements de Dieu, il appartient aussi à la « dévotion de nous les faire faire promptement et dili- « gemment. C'est pourquoi, celui qui n'observe pas tous « les commandements de Dieu ne peut être estimé ni bon, « ni dévot, puisque pour être boa il faut avoir la charité, « et pour être dévot, il faut avoir, outre la charité, une « grande vivacité et promptitude aux actions chari- « tables (1). )>
La dévotion ajoute donc à la charité quelque chose de plus doux, de plus affectueux, de plus empressé. Avec son imagination toujours si gracieuse, le même saint dit que si la charité est la plante, la dévotion en est la fleur ; si elle est une pierre précieuse, la dévotion en est l'éclat; si elle est un baume, la dévotion en est le parfum.
Son effet direct est une joie profonde, car il est doux de se consacrer au service d'un Dieu si bon ; mais cette joie est mêlée d'une certaine tristesse, car l'âme vraiment dévole sait très bien que, malgré ses efforts, elle ne témoigne pas à Dieu toute la reconnaissance qui lui est due. Ce mélange de tristesse et de joie dans l'effet de la dévotion fait naitre un sentiment semblable à celui d'une mère qui, après de longues années revoit un fils qu'elle croyait perdu. Elle pleure, et dans ses larmes se mêlent les deux sentiments qui partagent son âme : la joie présente et les angoisses passées (2).
Jamais nous ne rendrons à Dieu un culte qui soit digne de Lui. Nous n'avons donc pas à redouter de faire monter