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DE SAINT THOMAS d'AQUIN. ^ 287
Les événements futurs, dit saint Thomas (1) peuvent être prévus ou dans leurs causes ou en eux-mêmes ; dans leurs causes, la prévision s'appuie sur trois motifs.
Dans certaines circonstances, telle cause étant posée, tel effet suivra comme conséquence inévitable. Les découvertes des astronomes appartiennent à ce genre de prévisions.
Dans d'autres cas, la cause produit l'etfel le plus souvent, mais pas toujours ; on ne peut alors que conjecturer l'événement.
Si la cause est indifférente à amener tel effet ou son contraire, on ne peut le prévoir qu'en le considérant en lui-même. Or, Dieu seul à la puissance de voir en euxmêmes les événements futurs, d'où il suit, que si, un homme a la prétention de lire dans l'avenir, il usurpe (sauf une révélation spéciale) une prérogative qui n'appartient qu'à Dieu. Il commet un péché et celui qui accepte sa prophétie se rend coupable de superstition. Toutefois, saint Thomas fait remarquer qu'il n'y a superstition que dans le cas où la prophétie s'entoure de procédés surnaturels diaboliques, si au contraire, on a foi dans la force divinatoire naturelle d'un homme, on fait preuve seulement de crédulité.
La vertu de Religion nous délivre de toute superstition en nous enseignant nos devoirs envers « le Roi immortel des siècles, a qui seul sont dus l'honneur et la gloire dans les siècles des siècles (2) » .