LA FORCE ET LA TEMPERANCE
La raison nous montre le but que nous devons atteindre, mais de nombreux obstacles nous ferment le chemin; il faut les surmonter, c'est le rôle de la troisième vertu cardinale : la force. La crainte voudrait nous faire reculer, la force nous donne l'énergie de passer outre.
Cependant l'acte par excellence de la vertu de force n'est pas de courir à un danger imminent ; on fait preuve d'un plus grand courage en l'attendant sans terreur. Saint Thomas d'Aquin en donne d'admirables raisons (1).
Dans la pensée de celui qui commence l'attaque, l'ennemi est plus faible que l'agresseur puisqu'il semble redouter d'entrer en lice ; or, lutter contre un ennemi plus faible suppose un moindre courage quela résistance à un adversaire mieux préparé. Celui qui attend l'attaque est précisément dans ce dernier cas, il montre donc plus de courage et de fermeté que l'agresseur. Le temps d'ailleurs lui parait plus long. Tandis que l'agresseur emporté par sa fougue et par l'impétuosité de l'attaque est distrait de la pensée du danger, l'autre, immobile, le voit arriver, il a