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LA DOCTRINE SPIRITUELLE DE SAINT THOMAS d'.QUIN. 289
le temps d'en mesurer l'étendue et il faut une force d'àme peu commune pour ne pas trembler en regardant en face un ennemi qui fond sur nous. Le courage des martyrs, est le point culminant de la vertu et de la perfection (1). On propose à un homme de transiger avec sa conscience, de quitter le sentier du devoir où l'attendent la persécution, les fers, l'exil, les tortures, la mort; il n'hésite pas et se prépare à soulfrir tout plutôt que de commettre une lâcheté. Il se rit des menaces, ses bras sont chargés de chaînes, mais son àme est libre ; on le jette dans un cachot, il y fait entrer avec lui l'inextinguible lumière d'une conscience fidèle ; on l'étend sur un chevalet, il est plus fort que la douleur, et, jusqu'au dernier soupir, il chante l'hymne de la délivrance. Rien ne peut abattre son courage ni humilier sa sainte fierté ; il s'élève à des hauteurs d'où rien ne peut le faire descendre et il apparaît comme le modèle achevé de l'honneur et de la fidélité.
Saint-Thomas d'Aquin trace ensuite un saisissant tableau de l'àme magnanime. Elle aspire à tout ce qui est grand, dit-il (2), et quand même la gloire et les honneurs viennent lui rendre hommage, loin de s'enorgueillir, elle les méprise, car elle se sait plus grande. Les honneurs, en effet, ne troublent que les âmes petites qui sont étonnées, pour ainsi dire, de se trouver dans des situations dont elles ne sont pas capables de porter le poids, elles se laissent éblouir et se drapent dans les dignités comme dans un vêtement qui ne leur appartient pas Les magnanimes, au contraire,se tiennentdans une sphère plus haute, etce murmure confus de voix étranges qu'on appelle la gloire, arrive à peine jusqu'à elles. Pour la même raison, les clameurs in-