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DE SAINT THOMAS d'aQUIN. iQ'-i
raison contre les exigences tyranniques et désordonnés des sens.
Cependant n'oublions pas que la vertu évite les extrêmes et ne croyons pas que la tempérauce exige de nous Finsensibilité. La nature, dit saint Thomas d'Aquin (1). accompagne d'une certaine délectation les actes nécessaires à la vie humaine, et on ne pèche pas contre la tempérance en éprouvant les sensations inévitables qui résultent du manger et du boire, par exemple. Celui qui, sous le prétexte de fuir ces sensations, refuserait d'émettre les actes nécessaires et s'insurgerait aussi contre l'ordre de la nature voulu de Dieu, commettrait donc un péché, peccaret, dii formellement saint Thomas. Mais il est louable, ajoutet-il, de s'en abstenir ou de lutter parfois contre elle, lorsqu'on a en vue un but supérieur. Quand, par esprit de pénitence et pour recouvrer la santé de l'àme, on prive le corps des délectations permises, non seulement on ne se révolte pas contre la raison, mais au contraire on se soumet aux lois supérieures qui nous ordonnent de préférer à tout les biens d'un ordre infiniment plus élevé. Si l'on veut se livrer à la contemplation des choses divines, il est bon aussi de se délivrer autant que possible, des chaînes qui retiennent l'essor de la pensée afin de lui donner un vol plus libre vers le ciel. Pour comprendre cette dernière considération de saint Thomas, il faut savoir que les forces I de notre âme sont limitées et qu'elles ne peuvent pas égaî lement suffire à tout. L'énergie de la pensée est absorbée : en partie par les jouissances sensibles et elle diminue en ' raison de l'intensité de la vie des sens. A mesure que cette I dernière se développe, la pensée s'appesantit et sa vue