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Wi; L\ DOCTRINE SPIRITVÇI.LK
perd fie sa limpidité ; c^est un poids qui pèse sur ses ailes et les empêche de se déployer. F^os hommes voués à la méditation des choses divines doivent donc se mettre en garde contre les jouissances sensibles, et ceux qui ont des péchés à déplorer (nous sommes tous dans ce cas) s'empresseront de prendre le salutaire remède de l'expiation en résistant à l'attrait de la délectation des sens.
Quand les passions brisent le frein de la tempérance, elles nous entraînent bien loin et bien bas et elles impriment sur notre front ce signe dont il est parlé au dixneuvième chapitre de l'Apocalypse (1). Détournons nos regards et étudions plutôt avec saint Thomas la vertu qui est un des plus doux freins de la tempérance : l'humilité (2).
Plusieurs fois déjà nous avons eu occasion de parler de cette vertu et nous n'avons jamais manqué de faire ressortir son importance capitale et le rôle prépondérant qu'elle joue dans la vie spirituelle. Sans l'humilité, en effet, tout autre vertu est vaine ou plutôt la vertu véritable ne se conçoit pas sans l'humilité. Les maîtres de la vie intérieure n'hésitent pas à la proclamer la première des vertus et ils en font la base inébranlable de tout l'édifice. Gela est vrai, mais cette doctrine a besoin d'êtr:î expliquée.
On peut considérer l'acquisition des vertus de deux manières, dit saint Thomas (3). Si on l'envisage au point de vue de la disposition de Tàme se préparant à recevoir les dons de Dieu, l'humiUté est la première des vertus et la base de toutes les autres, car elle écarte l'obstacle à l'ac-