‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 194 sur 297 · I Cor. II · texte numérisé non relu

I Cor. II

LA DOCTRINE SPmiTUIjLLK DR SAINT THOMAS d'aQUIN. 307

nelle. Parmi tons les maux qui nous assaillent, sous le poids des malheurs qui nous accablent, au milieu des tristesses dont la vie est remplie, l'espérance se glisse comme un rayon du ciel ; elle appelle notre regard et notre cœur en haut et elle ranime notre courage en nous faisant entrevoir, au terme de la route, les portes étincelantes de la Jérusalem céleste. L'espérance n'est ni la première ni la plus belle des vertus théologales ; la première est la foi, et plus belle est la charité ; mais elle est la plus douce. Celui qui espère a toujours un sourire, môme à travers les larmes ; même lorsque son cœur se déchire sous Tétreinte des plus poignantes douleurs et que l'orage gronde sur sa tête en menaçant de tout engloutir, il prête l'oreille à une mélodie lointaine que la rafale n'étouffe pas et qui lui apporte un écho fidèle du cantique des Anges. Il sait que la vie est un temps d'épreuve et qu'il faut passer par le désert, avant de toucher à la terre promise ; son espérance ne défaille pas et il répète aVec une confiance que rien ne peut ébranler, ces consolantes paroles de l'Apôtre : Je sais en qui j'ai mis mon espérance (d).

Bossuet explique éloquemment la nature et les effets de l'espérance : « Afin que vous soyez convaincus combien il « est beau d'espérer en Dieu, il faut vous montrer la « raison de cette excellente doctrine. Je vous prie de vous « y rendre attentifs ; elle est tirée d'un très haut principe ; « c'est l'immobilité des conseils de Dieu et sa consistance « toujours immuable. « Je suis Dieu, dit le Seigneur, et je « ne change ja7nais ; » et de là s'ensuit une conséquence « que je ne puis vous exprinaer mieux que par ces beaux « mots de Tertullien, qui sont tous faits pour notre sujet:

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