‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 200 sur 297 · Exûile XV, 5, -2. II Cor · texte numérisé non relu

Exûile XV, 5, -2. II Cor

318 LA ponTBINE SPIRTTFIJU.B

« Il y a souvent différence des choses sacrées, entre la grandeur et la bonté. Une des perles de Gléopàtre valait mieux que le plus haut de nos rochers ; mais celui-ci est bien plus j^jrand, l'un a plus de grandeur, l'autre plus de valeur... le tambour et la trompette font plus de bruit, mais les luths et les épinettes font plus de mélodie; le son des uns est plus fort, et l'autre plus suave et spirituel. Une once de baume ne répandra pas tant d'odeur qu'une livre d'huile d'aspic ; mais la senteur du baume sera toujours meilleure ;et plus aimable... Ainsi quand un cœur aime Dieu en considération de son infinie bonté, pour peu qu'il ait de cette excellente dilection, il préférera la volonté de Dieu à toutes choses ; et en toutes les occasions qui se présenteront, il quittera tout pour se conserver en la grâce de la souveraine bonté, sans que chose quelconque l'en puisse séparer : de sorte qu'encore que ce divin amour ne presse ni n'attendrisse toujours pas tant le cœur comme les autres amours; n'est-ce que es occurrences il fait des actions si relevées et excellentes, qu'une seule vaut mieux que dix millions d'autres. Les amours que l'on a pour les créatures foissonnent bien souvent en multitude de productions. Mais quand l'amour sacré fait son œuvre, il le fait si éminent qu'il surpasse tout, car il fait préférer Dieu à toutes chose sans réserve (1) » .

Gomme le rocher occupe une plus grande place que la perle, de même les affections humaines nous donnent plus de tendresse et de joies sensibles que l'amour de Dieu, mais si l'on nous offrait le choix, nous n'hésiterions pas entre le rocher et la perle.

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