‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 207 sur 297 · Ibid. XIII · texte numérisé non relu

Ibid. XIII

DE SAINT THOMAS D*AQUIiN. 3225

Nous aimerons le prochain comme nous-mêmes si nous l'aimons pour lui et non pour nous. La charité est désintéressée et ne ressemble en rien à l'égoïsme ; elle ne s'arrête pas aux avantages que nous pouvons retirer de l'amour de nos frères, elle n'a en vue que leur plus grand bien et leur progrès dans la vertu. Elle est efficace. Il est facile d'aimer en paroles, de protester de son dévouement et de son affection ; la vraie charité se prouve par les œuvres. Supporter les défauts du prochain, le consoler dans ses épreuves, lui rester fidèle dans ses malheurs, le défendre contre la médisance ou la calomnie, subvenir à ses besoins, prier pour lui, être toujours doux, patient, ne jamais rien faire qui puisse l'attrister, tels sont quelquesuns des caractères de la charité. Aimons-nous le prochain comme nous-mêmes ? Hélas ! nous sommes pleins d'indulgence pour nos défauts et de sévérité pour les défauts des autres, nous trouvons tout naturel que l'on subisse les àpretés de notre caractère, et le moindre défaut d'autrui nous fait perdre patience. Si nous souffrons, nous voulons que tout le monde soit à nos pieds pour nous consoler, et nous ne songeons pas à alléger le fardeau qui écrase nos frères. Nous les aimions quand ils étaient heureux, nous nous plaisions en leur compagnie: mais s'il s'agit d'essuyer leurs larmes, leur présence nous importune. Pouvons-nous dire que nous avons cette charité dont saint Paul a tracé le sublime tableau au treizième chapitre de la première épître aux Corinthiens? Avouons que nous en sommes bien éloignés et prenons la résolution d'obéir désormais an précepte de Noire-Seigneur : Aimez-vous les uns les autres.

L'objet de la charité est universel, c'est-à-dire qu'il ne nous est pas permis de faire une seule exception à la cha-

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