Réflexions chrétiennes et morales; XI
IVM) LA DOCTHINE SPIIUTUELLE
mosilé et de dépit, à ne rien faire ni rien désirer sous l'impulsion d'un cœur que l'injure a blessé.
Cette attitude négative, pour ainsi dire, ne suffît même pas. Nous avons vu, en effet, que le précepte de la charité nous fait une oblip^ation stricte d'aimer nos ennemis d'une manière générale, c'est-à-dire en temps qu^ilssont membres de la famille humaine ; or, à ce titre, nous ne pouvons pas les exclure des témoignages de bienveillance auxquels nous sommes tenus à l'égard de tous les hommes. Quand, par exemple, nous prions pour tous les fidèles, quand nous souhaitons qu'un événement heureux arrive soit à un peuple soit aux habitants d'une ville, il ne nous est pas permis d'exclure de nos prières et de nos vœux les hommes que nous regardons comme nos ennemis. Ces restrictions seraient un manquement grave au précepte de la charité.
La perfection de la charité demande de nous quelque chose de plus, et il n'est pas une àme généreuse qui veuille se contenter de la stricte application du précepte. Si nous sommes les disciples fidèles de celui qui a pardonné à ses bourreaux, nous rendrons le bien pour le mal, nous répandrons nos bienfaits même sur ceux qui nous haïssent ; nous prouverons ainsi que nous sommes les fils du Père qui est au ciel et qui fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants. Si nous n'aimons que ceux qui nous aiment, quelle récompense méritons-nous? Lespayens et les publicains n'en font-ils pas autant (1) ?
L'ordre qui règle les mouvements de la charité exige que nous aimions Dieu par dessus toute chose et plus que nous-mêmes. Dieu est en effet le bien suprême, la beauté