‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 213 sur 297 · In épisto, ad Rom. cl», ix, lect. I · texte numérisé non relu

In épisto, ad Rom. cl», ix, lect. I

33 'i- LA DOCTRINE SPIRITUELLE

cliain. Dieu, en elïet, nous ordonne d'aimer le prochain comme nous-mêmes ; il fait donc de l'amour de soi le type de l'amour que nous devons au prochain. Or, dit saint Thomas (1), le type est préférable à la copie. Et d'ailleurs, ajoute-t-il, la raison pour laquelle nous aimons le prochain est son union avec nous dans l'ordre surnaturel; or, l'unité est plus parfaite que l'union car elle en est le principe et jamais l'union n'atteindra la cohésion de l'unité ; donc l'unité qui est nous, l'emporte sur l'union qui est le prochain. Voilà pourquoi un homme ne peut pas exposer son âme en commettant un péché, même pour sauver l'âme de son frère.

Mais s'il n'est pas permis d'exposer son âme, on doit dans certains cas sacrifier sa vie pour le salut du prochain. Cet acte héroïque n'est obligatoire que pour ceux qui ont charge d'âmes. Un pasteur, par exemple, est tenu d'administrer les sacrements à un homme atteint d'une maladie contagieuse, quand môme il aurait tout à craindre en allant remplir son devoir.

Nous avons déjà rappelé celte parole de saint Jean : « N'aimons pas seulement en paroles et du bout des « lèvres, mais prouvons par les œuvres la sincérité de « notre amour (2). » Les œuvres, voilà donc le signe de la vraie charité, elles sont toutes comprises sous le nom général d'aumônes. L'aumône est corporelle ou spirituelle selon qu'elle vient en aide au corps ou à l'âme du prochain. Nourrir et vêtir les pauvres, accueillir les hôtes, visiter les malades, racheter les captifs, telles sont les principales aumônes corporelles. Prier pour les justes, pour les pécheurs, pour les âmes du purgatoire, instruire les

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