‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 222 sur 297 · Luc, XV nr · texte numérisé non relu

Luc, XV nr

3, 2^ 2tB q. Lxxxili a. 14.

DE SAINT THOMAS d'AQUIN. 34S

amour de Dieu, engendre l'ennui, il ne faut pas hésiter à la suspendre, dit saint Thomas.

Cependant une fatigue passagère et un ennui momentané ne sont pas une cause suffisante pour faire cesser la prière. Si une àme l'abandonne au premier dégoût qu'elle éprouve, elle n'ira pas loin, et le conseil de saint Thomas ne s'applique qu'aux cas où, après des efforts réitérés, nous voyons que la faiblesse hum.aine l'emporte sur notre bonne volonté.

Les distractions, pendant la prière, sont un continuel sujet d'inquiétude et de trouble pour les personnes pieuses: je ne puis pas prier, dit-on ; à peine suis-je en présence de Dieu que mon esprit divague, le temps que je consacre à la prière est pris, ou peu s'en faut ! par les distractions et je me décourage, car je suis dans l'impossibilité de prier.

Saint Thomas d'Aquin nous rassure en nous affirmant que les saints eux-mêmes ont été sujets aux distractions (1). Cette parole du saint docteur est de nature à calmer nos inquiétudes, car, si les distractions n'ont pas épargné les saints, ne nous étonnons pas de la guerre incessante qu'elles nous livrent. Mais ce qui nous consolera bien plus encore, c'est que le saint docteur enseigne que les distractions ne diminuent pas notablement l'effet de la prière.

L'eiïet de la prière est triple, dit-il, elle a d'abord un effet général, commun à tous les actes d'amour de Dieu, c'est-à-dire, le mérite ; or, la distraction n'empêche pas la prière d'être méritoire. Si nous ne révoquons pas, par une distraction volontaire et réfléchie, l'intention que nous avons eue de prier, nous avons fait un acte

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