Tobie, v
DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 381
profonde et un état d'impuissance qui fait cruellement souIVrir (1).
La désolation intérieure, troisième caractère de la purilicalion passive, est la douleur qui s'empare d'une àme ardemment éprise des choses célestes et qui se voit privée de toute consolation divine. L'àme prompte à la méditation et aux exercices de la piété n'éprouve cependant aucune joie sensible, elle est au contraire désolée comme une terre aride où ne descend pas la rosée du ciel. Elle émet des actes d'amour, elle se livre à la pratique de toutes les vertus, mais elle le fait avec effort parce qu'elle n'est pas secondée par les puissances inférieures. Elle n'est guidée que par la raison, elle n'est pas portés sur les ailes de la joie et des émotions surnaturelles. Semblable à un malade qui, s'il n'écoutait que ses dispositions passagères, ne prendrait aucune nourriture par ce que tout lui répugne, mais qui vaincu par la nécessité et par le désir de recouvrer la santé surmonte ses dégoûts, l'àme désolée accomplit les œuvres de la vie intérieure avec un grand découragement et une tristesse profonde. Durant tout le temps de la purification passive, elle mange son pain à la sueur de son front. Mais ce temps n'est pas perdu, c'est l'heure où le grain de blé meurt dans le sillon pour porter ensuite ses fruits (2).
« Quand le printemps est beau, dit saint François de « Sales (3),les Abeilles font plus de miel et moins de mou-
1. Quand les aridités intérieures ont pour cause non plus Tactiou de DieUj mais les négligences dont se rendent coupables les âmes peu t'éuéreuses, il faut, pour couper le mal dans la racine, recourir à une surveillance minutieuse de tous les mouvements de l'imagination, du cœur et de la mémoire.