‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 249 sur 297 · Matth. xxiv · texte numérisé non relu

Matth. xxiv

386 LA DOCTRI\E SPIRITUELLE

L'espérance de recevoir un jour la récompense rend tolérables et même douces les tortures infligées par la puriiication passive. Les élus sèment dans les larmes, mais ils recueilleront dans l'allégresse^ ils viendront portant avec joie les moissons qui leur auront tant coûté et, dans les extases de l'union, ils s'enivreront aux torrents des voluptés divines (1).

D'après tout ce qui précède il est facile de voir quels sont les effets de la purification passive sensible. Ces elfets sont d'abord, la destruction de tous les germes raauvais de la nature et la prudence qui nous met en garde contre les fausses imaginations et les illusions du démon. Elle nous communique ensuite une grandeur d'âme héroïque, elle nous donne une connaissance expérimentale de iiotre faiblesse et de la puissance de Dieu, elle produit par conséquent une humilité inaltérable.

Si les racines de l'arbre sont amères, les fruits en sont doux, car ils s'appellent, la patience, la paix, la présence de Dieu, le désir de lui plaire, la pratique exacte de toutes les vertus chrétiennes. Les âmes que Dieu soumet à cette épreuve doivent l'accepter avec résignation et reconnaissance, car elle est le prélude d'inestimables faveurs.

Qu'elles s'ouvrent à un directeur éclairé, et qu'elles suivent les conseils que leur donne un pieux et savant interprète de saint Thomas d'Aquin.

Dans l'état d'aridité et de désolation intérieure, dit-il (2), on ne doit pas essayer de remonter le courant du fleuve et de s'eftbrcer de reconquérir, dans l'oraison, les joies disparues. L'âme alors n'a aucun besoin de méditations discursives, elle réclame au contraire le calme et le repos qui

1, P^ cxxv-xxvv^ 9.

2. Valgornera: Myslica tliéologia D. Thome q-ii. Disp. vu, a. 7.

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sont le commencement de la contemplation. Qu'elle soit plus fidèle que jamais aux exer^Jces de piété et ces pratiques, dépouillées de toute joie intérieure, seront plus profitables et plus ai^réables à Dieu que les élans passionnés de la ferveur sensible. Le souvenir de Jésus-Christ sur la croix abandonné même par son père sera la nourriture habituelle de l'àme et lui donnera la force de persévérer juscju'à la fin. Les souffrances passa^^ères du temps sont le germe de la gloire qui nous attend dans l'éternité (1).

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