‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 252 sur 297 · q. CLXXX, a · texte numérisé non relu

q. CLXXX, a

DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 393

morales répriment la violence des tempêtes, elles établissent le calme nécessaire à la contemplation et elles font régner ce grand silence où la voix de Dieu s'élève seule dans la solitude de l'âme. Tous les contemplatifs ont été des hommes recueillis. Même quand il s'agit de la contemplation naturelle et que l'on ne s'occupe que de pensées humaines le silence et le recueillement sont indispensables. Un philosophe veut méditer sur les mystères de Tàme, un artiste s'eiîorce d'arracher les voiles qui lui dérobent l'idéal, ils se plongent dans une solitude profonde, ils se replient sur eux-mêmes, ils font taire tous les bruits qui pourraient troubler leur contemplation et, dans un silence, qui leur permet de recueillir toutes les forces de leur âme ils s'élancent, le philosophe à la recherche de la vérité, l'artiste à la conquête de l'idéal entrevu. La loi est la même dans la vie contemplative surnaturelle ; la pensée est craintive, elle s'envole au moindre bruit, elle ne s'élève vers le ciel que dans le silence et le recueillement chers à tous les contemplatifs. Le prophète les compare aux aip^les qui déploient leurs ailes (1) et saint Thomas, commentant cette parole d'Isaïe, dit que les cont3mplatifs sont semblables aux aigles par la hauteur de leur vol, par l'élévation du lieu qu'habite leur pensée, par la rapidité de leur ascension, par cette sainte et fière beauté qui permet de leur appliquer la louange adressée à l'épouse des cantiques : vous êtes toute belle, ô ma bien-aimée, et il n'est point de tache en vous (â).

La contemplation nous donne la paix et la joie de l'âme, elle nous fait mépriser les choses du temps en nous apprenant à savourer celles de l'éternité, elle nous enflamme

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