Joann. iv
.'i98 LA DOCTRINE SPHUTlIKLLE
feciions constatc'^es dans les créatures. Nous disons, par exemple, que Dieu est infiniment beau, infiniment bon, infiniment intelligent, car il y a des créatures belles, bonnes, intelligentes, et que ces perfections ne peuvent découler que d'une source intarissable. Quand l'intelligence procède par voie de négation, elle nie que les perfections divines soient de même ordre et de même nature que les perfections des choses créées. Elle dit, par exemple : Dieu n'est pas intelligent à la manière des créatures, il l'est d'une façon incompréhensible et qui dépasse toute conception. Dieu n'a pas la beauté éphémère et finie des créatures; il est éternellement et infiniment beau. La contemplation acquise affecte diverses formes selon les différentes manières dont la Providence daigne se servir dans la conduite des âmes. Parfois l'intelligence monte des créatures au Créateur, parfois elle descend du Créateur aux créatures. Dans la première, l'àme s'aide des créatures pour contempler les perfections divines, dans la seconde elle bénit Dieu des bienfaits qu'il a répandus sur l'ouvrage de ses mains. Ces deux modes de contemplation sont distincts ; mais ils ne sont pas séparés dans l'àme contemplative.
Saint Thomas expliquant quelques paroles métaphoriques de saint Denis décrit merveilleusement l'état de l'àme dans la contemplation (1). Il prend comme point de comparaison, la contemplation angélique qui, dit-il, est uniforme pour deux raisons : premièrement, l'ange ne puis'e pas la vérité iiiteUigible dans la diversité des choses, il va vers elle d'un mouvement droit et sans faire aucun détour ; secondement, sa contemplation n'est pas