q. CLXXX, a. 7, ad. i
Cette doctrine de saint Thomas est fort importante, car on méconnaîtrait la nature de la contemplation si on la confondait avec les méditations spéculatives et froides des philosophes et même des théologiens.
Nous avons dit plus haut que la contemplation infuse a pour principe un don du saint Esprit.
Quelle est donc la différence entre la grâce, les vertus et les dons ? Pour la faire comprendre, prenons un exemple. On distingue dans l'âme l'essence et les facultés, sources immédiates des opérations ; or, la grâce est un principe de vie surnaturelle, qui affecte d'abord l'essence de l'âme (1) et la vertu est une habitude infuse qui donne aux facultés la puissance d'émettre des actes d'un ordre supérieur. Les facultés fortifiées par la vertu émettent des actes dont le degré de perfection varie à l'infini; or, pour qu'une faculté s'élève à un acte d'une perfection héroïque, la vertu même ne suffit pas, il lui faut un secours extraordinaire, et c'est précisément ce secours plus puissant que la vertu que l'on appelle un don du saint Esprit. La distinction est un peu subtile, car il est des théologiens qui confondent la vertu avec le don, cependant, dit saint Thomas (2) il faut reconnaître que le don ajoute à la notion commune de vertu l'idée d'une influence et d'une action supérieures de Dieu. C'est pour nous faire saisir cette différence que la sainte Écriture désigne les dons sous le nom de souffle (spiritus) afin d'indiquer le caractère d'inspiration qui les distingue de la vertu. Les dons peuvent être aussi considérés comme la vertu élevée à sa plus haute puissance.
1, 1% 2*. q. GV, a. 4.