‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 259 sur 297 · Isaïe, XI · texte numérisé non relu

Isaïe, XI

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mais, posséder cette rectitude au point qu^elle devient pour ainsi dire connaturellc, est le propre du don de sagesse. La vertu de sagesse juge toute vérité soit divine soit humaine à la lumière des plus hautes causes ; mais connaître ces causes par une expérience intime, résultat de l'imion divine, c'est le caractère distinctif du don de sagesse.

La science ne s'élève pas comme la sagesse aux plus liantes causes ; elle s'arrête à la considération des causes secondes; le don de science, qui est la science des saints, les éclaire d'une lumière surnaturelle à l'aide de laquelle ils apprécient les choses du monde à leur juste valeur. Au regard de l'àme illuminée par l'esprit de Dieu, le prestige et l'éclat des créatures s'évanouissent, elles n'ont rien qui puisse la séduire et Dieu n^a pas à craindre de rivaux. Le cœur de l'élu est trop rempli de l'amour divin pour que les créatures y trouvent encore une place, et s'il n'est pas insensible aux affections de la terre, il les purifie et les transfigure au feu de l'amour divin. Il n'aime les créatures que pour Dieu et qu'en Dieu et lorsqu'il vibre sous le coup des émotions humaines, il ne rend, comme la lyre des anges, que le son de l'éternel amour.

Le don de conseil correspond à la vertu de prudence (1). Ils ont le même objet, c'est-à-dire les moyens qu'il faut employer pour atteindre une fin. La prudence est la vertu qui dirige les actions humaines; elle est parfaite quand 1 elle se conforme à la règle suprême, la raison divine. Or, de même que tout principe régulateur est plus parfait lorsqu'il agit sous l'impulsion d'un principe supérieur, de même la prudence humaine, sous l'inQuence de l'Esprit de Dieu, acquiert une rectitude et une perfection

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