‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 260 sur 297 · q. LU, a · texte numérisé non relu

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surnaturelles. C'est en cela que consiste le don de conseil. Il nous trace la voie au milieu des obscurcîtes et des incertitudes de la vie intérieure ; il nous dirige dans le choix des moyens pour arriver au but que nous nous proposons, la sainteté, et, sous le souffle de l'Esprit qui nous guide, il nous inspire les résolutions qui nous tiennent toujours à égale distance des défaillances de la nature et des exagérations d'un zèle indiscret.

De même que la prudence doit être la vertu dominante de ceux qui sont appelés à gouverner les hommes, de même le don de conseil est la qualité la plus appréciable, chez les directeurs des âmes. A son défaut, une extrême prudence est nécessaire.

Par cela seul que nous sommes des créatures raisonnables, nous sommes obligés de rendre à Dieu le culte qui lui est dû. La vertu de religion qui embrasse nos devoirs à l'égard de la divinité est donc comprise dans la notion générale de justice. Mais ce n'est pas seulement en tant qu'hommes que nous avons des devoirs religieux à remplir, c'est aussi et surtout en tant que chrétiens. A ce titre nous devons bénir et remercier Dieu des grâces surnaturelles dont il nous a comblés ; nous nous acquitterons de ce devoir par la vertu de piété. Les devoirs que la vertu de piété exige de nous sont remplis lorsque notre reconnaissance envers Dieu est, autant que possible, en proportion avec les bienfaits reçus. Mais le don de piété ne mesure pas sa reconnaissance à retendue des bienfaits, il va au-delà, car l'âme portée parle souffle de l'Esprit-Saint rend à Dieu l'hommage qui lui est dû par cela seul qu'il est Dieu. Par le don de piété nous honorons et nous louons Dieu uniquement à cause de son ineffable grandeur et de ses perfections infinies ; qu'il nous accable de bien-

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faits ou que sa miséricordieuse justice nous soumette aux plus dures épreuves, la louange no tarit pas sur nos lèvres et nous chantons avec l'Eglise inspirée : Seigneur nous vous rendons grâce à cause de l'immensité de votre gloire.

La vertu de force nous fait surmonter les craintes et réprimer les audaces téméraires; le don de force nous communique une énergie surhumaine pour triompher de tous les obstacles et principalement, dit saint Thomas (i), dans l'accomplissement des œuvres de surérogation auxquelles tous ne sont pas tenus. C'est dans ces œuvres, ajoute le saint docteur, que se rencontrent les plus grandes difficultés. Elles dépassent les forces humaines et, sans un secours divin extraordinaire, on n'en triompherait jamais. Gomment une àme résisterait-elle aux combats si éloquemment décrits par l'Apôtre (2) si elle n'était soutenue par la vertu d'en haut ?

La tempérance impose un joug salutaire aux passions toujours prêtes à lever la tête ; le don de crainte en nous inspirant une sainte terreur des jugements de Dieu et une invincible horreur pour tout ce qui pourrait offenser la Majesté divine, nous éloigne encore bien plus que la tempérance des abîmes où il est si facile de tomber. L'àme tremblante à la seule pensée d'offenser Dieu ne cesse de gémir et de dire : Hélas! que mon exil est long ! (3) Quand donc paraitrai-je devant mon Dieu! (4). Mais à travers ses larmes, elle aperçoit des lueurs d'espérance, car la crainte filiale qui l'anime ne lui fait pas oublier les miséricordes infinies de Dieu.

1. la. III. Dist. dist. XXXIV, q. ni, a. i. q. m, solut. 2 ad 1

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