La montée du Garniel, 1. II, ch. xvi
^•"ifi I-A DOCTRINE SFIHITUELLK
« Tàme un sens cache et lui révèle les .secrets de sa pro- « fonde safçesse, comme nous le voyons prcsfjue à cliarpje « paf^e des divines Ecritures. Ainsi, la sa^'csse maniiesla « sa gloire sous la forme de la nuée qui remplissait U « temple ; ou par les Séraphins qui de leurs ailes se voi- « laient la face et les pieds; il instruisit Jérémic par le « symbole d'une verge qui veillait, Daniel par de nomce breuses visions
« Règle générale : l'entendement ne doit pas se préoc- « cuper des connaissances et des visions imaginaires, ni « se nourrir de ce qui s'offre à lui sous la forme d'images « et d'idées particulières, s'agit-il même de celles dont « Dieu est l'auteur, et à plus forte raison de celles qui sont « produites par le prince des ténèbres. Si l'àme veut « acquérir la pureté, la simplicité et le dépouillement « indispensables à l'union divine, elle ne doit tenir compte « ni des uns ni des autres. »
Par les exemples qu'il a choisis, saint Jean de la Croix nous donne clairement à entendre, qu'il ne parle que du renoncement aux visions imaginaires ; or, ces visions ne sont en aucune manière l'espèce intelligible, ou Tidée que nous croyons nécessaire pour la contemplation infuse. Cette idée, en effet, n'est autre que l'objet lui-même représenté ; or, il est de toute nécessité que si l'intelligence contemple, elle contemple quelque chose, que par conséquent elle ait une idée de Tobjet contemplé. Cetle nécessité est telle que lorsqu'il s'agit d'objets dont nous ne pouvons pas nous faire Vidée parce que nous n^avons aucun point d'appui dans le monde sensible, saint Jean de la Croix enseigne que leur contemplation est « pour ainsi « dire étrangère à la condition de cette vie mortelle » (1)