‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 267 sur 297 · La montée du carmel, 1. II, ch. xxiv · texte numérisé non relu

La montée du carmel, 1. II, ch. xxiv

DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 4i9

Sainte Thérèse va plus loin. Parlant des distractions qui voudraient troubler le repos de la contemplation, elle dit: a Laissez aller cette imagination, vrai traquet de moulin, " et sans vous inquiéter de son bruit incommode, occupez-vous de faire votre farine, c^est-à-dire de poursuivre « votre méditation à l'aide de la volonté et de l'entende- « ment. » (1) Pour s'aider de l'entendement il faut former une idée de l'objet connu.

On doit donc admettre comme règle générale, que l'intelligence se sert d'espèces intelligibles dans l'acte de la contemplation infuse. Il y a cependant des exceptions mais elles sont rares.

Saint Thomas, décrivant l'état de l'intelligence éclairée par la lumière prophétique, pose en thèse générale que la révélation accordée aux prophètes est unie à des espèces intelligibles, mais à la fin de l'article, il avoue que parfois la lumière est plus pure : Qiiandoqiie vero secimdum lumen tantiim (2). Il explique plus loin cette opinion qu'il n'a fait qu'indiquer.

Deux causes, dit-il, (3) peuvent modifier profondément la nature des opérations d'un être : la faiblesse du principe d'où découlent ses opérations, ou la puissance divine à laquelle tout est soumis. Or, la nature de l'homme exige qu'il ne produise l'acte intellectuel qu'au moyen des sens et de l'imagination, mediante imaginatione et sensu. Quand donc cet acte est émis en dehors des conditions naturellement requises, ce ne peut-être qu'en vertu de deux causes : ou bien^ l'intelligence a perdu son équilibre,

1. Le château de l'âme, quatrième demeure: ch. i. Sainte Thérèse se sert du mot méditation, mais elle traite dans ce chapitre de la contemplation infuse.

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