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aucun cas, l'apparition n'est réelle à parte rei (1). Si l'apparition ne favorise qu'une seule personne, elle est exclusivement subjective, si tous les assistants en sont frappés, il faut admettre un changement miraculeux dans les qualités accidentelles du pain Eucharisti(|ue. Malgré cela l'apparition n'est pas trompeuse puisqu'elle a pour but d'attester la vérité du divin Sacrement.
Loin de demander et de désirer les apparitions il faut supplier le Seigneur de nous conduire par les voies ordinaires moins exposées aux illusions et au démon de l'or- ;;ueil. On doit même les repousser énergiquement et ne les accepter que sur l'avis d'un directeur prudent et éclairé.
Dans les visions Imaginatives, l'imagination reçoit l'image d'un objet céleste et elle le perçoit aussi clairement que si elle le voyait des yeux du corps. Dieu s'en sert souvent pour consoler les àmës contemplatives et pour enflammer leur amour. Elles voient Notre-Seigneur dans la Crèche, au moment de sa résurrection ou sur la croix. Ces visions ne sont pas des Apparitions puisqu'elles sont purement subjectives. Il ne faut donc pas croire que l'on a devant soi et dans sa réalité physique, pour ainsi dire, Tobjet de la vision, c'est seulement son image que l'on voit, mais avec autant de netteté que si l'objet lui-même était présent. Ce phénomène surnaturel est parfaitement distinct de l'hallucination.
L'halluciné produit lui-même son fantôme qui surgit d'une préoccupation constante, d'une idée fixe ; la vision au contraire apparaît au moment ou l'on y pense le moins. Quand elle vient de Dieu elle cause un grand trouble d'à-
LA DOCTRINR SPimTUELLK
bord, mais bientôt ello laisse dans l'àme une douce et inaUfirable paix. L'halluciriationdure lon^'temps, quelquefois plusieurs jours ou même plusieurs années, la vision dure peu, le plus souvent elle passe avec la rapidité de réclair, dit sainte Thérèse. Quant l'état d'hallucination est passé, le souvenir s'en efface ou s'il en reste un souvenir vague on est humilié de s'être aussi grossièrement trompé ; le souvenir de la vision persiste longtemps et l'àme songe avec délices au bonheur qu'elle a goûté.
« Si l'àme est capable de considérer longtemps Notre- « Seigneur, dit sainte Thérèse (1), je ne crois pas que ce (^ soit une vision, mais plutôt l'effet d'un grand effort d'i- « magination; et cette figure qu'elle croira voir sera « comme inanimée et comme morte, en comparaison de « celle que l'àme voit dans ces heureux moments où cet « adorable maître se montre véritablement à elle. 11 est « des personnes, et j'en connais plusieurs, dont l'imagi- « nation est si vive, et dont l'esprit travaille de telle « sorte, qu'elles croient voir clairement tout ce qu'elles « pensent. »
Les directeurs seront d'une prudence excessive dans le jugement qu'ils sont appelés à porter sur les visions. Qu'ils examinent avec le plus grand soin les circonstances dans lesquelles elles se produisent, les fruits qui en résultent et la nature des âmes qui leur sont confiées. Mais, selon la parole de l'Évangile, c'est surtout par les fruits qu'on juge de l'arbre (2). Si ces fruits sont l'humilité, la Charité, Pobéissance, le renoncement à soi-même, l'arbre qui les porte ne peut être que bon ; si au contraire après les visions l'àme est vaine, curieuse, tiède ou même moins
\. Le château intérieur: sixièmes demeures, ch. ix. 2. Matth. VTI, 17.
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avancée qu'auparavant, il est clair qu'il n'y a là qu'illusion du démon ou qu'excès d'une imagination exaltée. 11 faut aussi se tenir entre deux extrêmes ; ne pas croire facilement sans preuves suffisantes, ne pas repousser de parti pris les visions qui présentent les caractères d'une œuvre divine. Dans le premier cas on dirige les âmes dans une voie fausse ; dans le second cas, on les expose à de grandes souffrances. Elles sont prises, en effet, entre le désir de se soumettre et l'appel de Dieu dont elles ne peuvent pas méconnaître la voix.
Dans la vision intellectuelle, dit saint Thomas (1), Tintelligence acquiert la connaissance de la vérité sans le secours des images sensibles^ pour comprendre cette délinition il faut savoir que l'acte intellectuel procède d'un double principe : le premier est la puissance elle-même, le second est l'image de Tobjet compris représenté dans l'intelligence. Mais, dit le saint docteur (2), Dieu peut ajouter à la puissance naturelle de l'intelligence une lumière surnaturelle et y imprimer directement des espèces intelligibles. C'est précisément en cela que consiste la vision intellectuelle.
La vision intellectuelle dure bien plus longtemps que la vision Imaginative; elle persiste plusieurs jours, quelques fois plus d'un an, selon le témoignage irréfragable de sainte Thérèse.
« L'âme, dit la sainte (3), voyant clairement que c cette grâce lui vient de Dieu, et qu'aucun effort humain û ne pourrait la lui procurer, ne la considère point û comme un bien propre, mais uniquement comme un
i, Deverit. q. xn, a. 12.