Le château intérieur : sixièmes demeures, ch. xi
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« rien de ce qui tient à son être. Dès Je premier instant, « ses puissances sont suspendues à l'égard de toutes les « choses de ce monde, et elles ne conservent d'activité « que pour augmenter son martyre en augmentant son « amour pour celui dont elle ne peut souiîrir d être plus « longtemps séparée.
« Gardez-vous de croire que j'exagère en parlant de la « sorte, je suis très assurée au contraire que je n'en dis « pas assez, parce que les termes manquent pour peindre
« un tel martyre l'àme se meurt de ne point
« mourir. »
Avons-nous besoin de dire que ces formidables épreuves sont un effet de la souveraine bonté de Dieu, qui veut préparer l'àme à l'union divine ? A quelle pureté ne faut-il pas atteindre pour s'unir à celui qui est la sainteté même ! Le plus léger nuage intercepterait les rayons de la lumière céleste, il faut donc que la tempête purifie le ciel atin qu'aucun obstacle ne trouble les mystères de l'union de l'àme avec Dieu. Si l'or jeté dans la fournaise savait qu'il en sortira purifié, digne d'être placé sur le front des rois, pourrait- il se plaindre des ardeurs du feu, et, transformé en diadème, regrettera- t-il l'alliage dont'il I été séparé. L'àme connaît la gloire qui l'attend, elle sait en outre que Dieu, arbitre souverain des destinées, est maître d'assigner aux hommes la place que les impénétrables conseils de sa sagesse éternelle ont réservée à chacun, de même que le sculpteur a le droit de prendre un bloc d'argile pour n'y tracer que quelques lignes informes ou pour en faire un chef-d'œuvre (1). Elle se soumet donc humblement à l'action purifiante de Dieu qui se dis-