‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 277 sur 297 · Rom. IX · texte numérisé non relu

Rom. IX

pose a la revêtir de la robe éclatante des épouses fidèles et comme saint Jean à Palhmos, elle entend une voix qui lui crie : Bienheureux ceux qui sont appelés aux noces de l'Agneau (1).

Quel est donc l'alliage que l'àme de l'élu laisse au fond du creuset de la purification passive intellectuelle ? Elle y laisse les imperfections habituelles et actuelles de l'intelligence et de la volonté.

L'imperfection habituelle de fintelligence est dans la difficulté qu'elle éprouve à s'occuper uniquement des choses divines et la tendance invétérée à se pencher vers les créatures. On ne peut acquérir une perfection, dit saint Thomas (2), qu'en triomphant des dispositions qui nous en éloignent ; or, en vertu des lois de not^e nature, nous sommes portés vers les choses créées qui nous sont proportionnées et nous sommes obligés de remonter le courant qui nous entraine si nous voulons tourner nos regards vers le monde intelligible. La puriiication intellectuelle a précisément pour but de rectifier cette tendance naturelle, et, en nous séparant de tout ce qui est créé, de familiariser notre intelligence avec une lumière plus pure.

L'imperfection habituelle de la volonté est un désir trop vif des consolations spirituelles, désir qui a son principe dans cet amour personnel dont les racines sont si profondes et si difficiles à arracher.

L'imperfection actuelle de fintelligence est l'erreur dans laquelle on tombe au sujet des révélations, visions, prophéties ; l'imperfection actuelle de la volonté est la présomption fondée sur fabus des communications divines. La purification intellectuelle passive, en dégageant l'àme

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