‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 285 sur 297 · Gant, II · texte numérisé non relu

Gant, II

DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 447

union avec lui, c'est, d'après saint Thomas, le troisième caractère de la vie parfaite. Elle est arrivée au terme et elle y goûte un repos d'une douceur infinie : « Où étais- « je ?Qu'ai-ie vu? s'écrie le bienheureux Henri Suzo, votre « grâce ineffable surpasse mon intelligence et mes sens. « Je sais seulement que j'éprouve une telle joie dans mon « àme que je m'étonne de ne pas succomber à sa vio- « lence ( l). » Si nous étions animés d'une foi vive nous n'aurions aucune peine à comprendre le bonheur incomparable des âmes arrivées à l'état de l'union divine. Le bonheur en effet se mesure d'après la beauté et la perfection de l'objet aimé et d'après le degré d'union avec lui, or Dieu est la beauté mêmeet l'àniede l'élu est comme perdue dans ses immensités. Si les créatures peuvent faire passer sur notre cœur un frisson capable de nous faire croire que la joie n'est pas un mirage trompeur, si, la présence d'un ami suffit pour nous faire oublier bien des tristesses et sécher bien des larmes, quelle est douce, la joie d'une àme unie à ce Dieu qui dépasse tout sentiment et toute intelligence? (2) Ne nous étonnons pas que les saints qui ont goûté ce bonheur renoncent à le décrire, et remercions Dieu des grâces inénarrables dont il a comblé ses élus (3).

L'union divine est habituelle et actuelle. L'union habituelle est celle dont nous venons de parler. C'est la grâce sanctifiante résidant dans l'essence de l'àme et élevée à son point suprême.

L'union nctuelle est celle qui s'opère dans l'intelligence par la pensée presque continuelle de Dieu, et dans la volonté par l'abondance des consolations divines. Cette union

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