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DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 451
connaissance infiniment supérieure à la science acquise par la raison ou par la foi.
« Dieu, dit sainte Thérèse (1) faisant comme tomber les « écailles qui couvrent les yeux de l'àme, veut que, par une « voie, à la vérité, tout extraordinaire, elle découvre et <^ comprenne quelque chose delà grâce dont il daigne l'ho- (■< norer. L'ayant donc introduite dans sa propre demeure, « il lui accorde une vision intellectuelle des plus hautes : « par une certaine manière de représentation de la vérité, « les trois personnes de la sainte Trinité se monlrent à « elle, avec un rayonnement dé flammes qui comme une « nuée très éclatante vont d'abord à la partie plus spiri- « tuelle de Fàme ; à la faveur d'une connaissance admi- H rable qui lui est donnée, elle voit ces trois personnes, « distinctes, et elle entend avec une souveraine vérité « qu'elles ne sont toutes trois qu'une même substance, (^ une même puissance, une même sagesse et un seul « Dieu ; de sorte que, ce que nous ne connaissons en ce « monde, que par la foi, l'àme, à cette lumière, l'entend, « nous pouvons le dire, par la vue, sans néanmoins qu'elle « voie rien des yeux corporels ni même de ses yeux inté- « rieurs, parce que cette vision n'est pas de celles qu'on « nomme imaginaires. Là, les trois adorables personnes « se communiquent à l'àme, lui parlent et lui donnent « l'intelligence de ces paroles de Notre-Seigneur dans « l'Évangile. Si quelqu'un m'aime, il gardera mes com- « mandements et mon Père l'aimera, et nous viendrons « à lui, et nous ferons en lui notre demeure. »
Cette vision n'est pas celle de la patrie, mais c'est une connaissance suréminente des secrets divins. Notre-Sei-
l. Le château intérieur: septièmes demeures, ch. 1.
't52 LA DOCTRINE RPIHITDKÎ.LK ]
gneur lui-même devient le Maître et le Docteur de son élu et il est, dit sainte Catherine de Sienne, tout appliqué à lui « faire des démonstrations touchant les plus excellentes maximes de la perfection (1). »
Si Fàme unie à son Dieu est éclairée de cette lumière qui illuminait Adam avant le péché, son cœur est soumis aux agitations qui sont comme un coup de vent affaibli de la grande tempête où a sombré la justice originelle.
Les grands contemplatifs sont, en général, à l'abri des orages, mais parfois aussi les passions lèvent la tête, et ils redisent alors les plaintes éloquentes de l'Apôtre: « Je sens dans mes membres une autre loi qui regimlje contre la loi de l'esprit ; malheureux homme que je suis qui me délivrera de ce corps de mort (2). La Vierge Marie seule a été exempte de ces troubles qui ont fait gémir tous les saints (3), seule aussi elle n'a jamais commis de fautes même vénielles. Mais, si l'on excepte la très sainte Mère du Christ, les âmes les plus parfaites ont à se reprocher ces fautes inséparables de la faiblesse humaine. Les péchés véniels ne font pas déchoir de l'état unitif, ils entravent seulement quelques-uns des actes de la charité parfaite. Ces légères défaillances sont du reste compensées par la pratique des vertus héroïques
La foi de l'àme arrivée à la vie unitive n'est pas seulement cette foi vive et animée par la charité qui est le partage de tout chrétien en état de grâce, elle est une assurance infaillible, une certitude absolue et presque l'évidence des vérités révélées. L'espérance est inébranlable car elle s'appuie uniquement sur la puissance de Dieu et