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DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 453
sur ses miséricordes infinies. L'ardeur de la charité est telle que le cœur est embrasé d'un amour dont chaque faveur divine attise les flammes. L'abandon à la sainte volonté de Dieu est complet; Tàme reçoit avec la même soumission et la même reconnaissance les biens et les maux, les consolations et les épreuves, les joies et les tristesses. Son humilité est si profonde qu'elle est heureuse d'être méconnue et méprisée et, elle s'efl'orce de cacher les grâces dont elle est favorisée. L'obéissance absolue aux ordres de ses supérieurs, ou aux conseils de son directeur lui parait simple et naturelle, la pureté de ses intentions est si grande qu'elle serait prête, comme saint Jean de la Croix, à répondre à Notre-Seigneur : « Je ne veux d'autre récompense, ô mon Dieu, que de souffrir et d'être méprisé pour vous ». L'austérité de sa vie est rehaussée par la mansuétude à l'égard du prochain, et l'inaltérable droiture de son cœur lui donne la touchante simplicité des enfants de Dieu .
Il n'est pas besoin de rappeler que le mode ordinaire d'oraison, dans la vie unitive, est la contemplation infuse c'est-à-dire cette contemplation qui a pour principe un don du Saint-Esprit, et pour caractère distinctif la ligature des puissances. Mais la contemplation infuse n'est pas uniforme et, elle ne présente pas toujours les mêmes phénomènes. Ses manifestations sont au contraire fort variées, nous allons en décrire les principales. Oraison d'union, de recueillemeni, Vextase et le ravissement,
1^ Oraison d'union. L'àme est comme perdue dans l'immensité divine, son intelligence est inondée de lumières surnaturelles et son cœur est enflammé d'amour. Elle goûte une paix indicible que rien ne peut troubler, c'est comme une mort délicieuse où l'àme semble s'éva-
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iiouir sous l'effet des caresses divines. Le cœur, dit saint Thomas (1), se sépare pour ainsi dire de lui-même pour tendre vers l'objet aimé avec l'élan passionné d'une àme éperdùment éprise de la beauté de Dieu. Les larmes coulent silencieuses semblables à celles que répand une mère qui retrouve son enfant qu'elle croyait perdu, et l'àme, absorbée dans sa contemplation ne voit que Dieu, ne sent que Dieu, n'entend que Dieu. Elle voudrait exhaler sa joie dans des cantiques d'allégresse, mais toutes les paroles sont impuissantes et, elle se renferme dans un silejice qui est la seule louange digne de Dieu. Son bonheur et son état pourraient se comparer au bonheur et à l'état des bienheureux, si les réalités de la terre ne lui rappelaient bientôt les conditions de l'exil, m.ais durant le temps de l'oraison d'union « Dieu, dit sainte Thérèse, s'établit lui- « même dans l'intérieur de cette àme de telle manière « qu'il lui est impossible de douter qu'elle n'ait été en « Dieu, et Dieu en elle (2). »
C'est alors que Dieu donne à l'àme ce mystérieux baiser dont il est parlé dans le cantique des cantiques (3). Le baiser, dit saint Thomas, est le signe de l'union de deux âmes, car on livre son souffle et sa vie à celui auquel on donne ce gage d^amour (4).
L'oraison d'union diffère de l'oraison de quiétude car, dans celle-ci, l'àme est parfois importunée par des pensées dont les facultés naturelles sont le siège et la cause, tandis que, dans celle-là, aucun élément créé n'arrête le flot des communications divines et des faveurs célestes. L'oraison