Dialogues, ch. xcvui
512 LA DOCTIUNB HPUUïURLLK
perfection infinie de Dion est sa simplicité absolue. Ne confondons pas la simplicité avec l'unité. Nous n'avons pas l'intention de démontrer l'unité d'une substance divine, mais sa simplicité essentielle, c'est-à-dire que Dieu est tellement simple (pi'il est impossible d'admettre en Lui une composition quelconque.
Cette simplicité est le privilège de Dieu seul, car les êtres créés qui paraissent simples, comme l'àme humaine et l'ange, ne jouissent que d'une simplicité relative. L'àme et l'ange sont simples par rapport à la matière, mais en eux-mêmes, ils ne le sont pas au sens métaphysique et absolu du mot; car ils sont au moins composés de puissance et d'acte, et cela suffît pour qu'on ne puisse pas leur attribuer cette simplicité parfaite dont il s'agit
Voici les raisons que donne saint Thomas pour prouver la simplicité de Dieu (1).
Tout ce qui est composé, dit-il, a une cause, car des éléments divers ne peuvent concourir à former une un* lé sans le secours d'un agent extérieur. Gomnjent expliquer, en effet, la réunion des éléments des composés si l'on n'admet pas la nécessité de la cause ? Dira-t-on qu'ils ont obéi à l'impulsion d'une loi ? Mais cette loi, qui l'a faite ? S'il y a un législateur, on reconnaît donc son action ; si on le nie, on admet une impossibilité à savoir : que le composé s'est fait lui-même, ce qui est absurde, aucun être ne pouvant être sa propre cause, ou, ce qui revient au môme, ne pouvant pas exister avant lui-même. Notre traduction ne rend pas la netteté et la force de l'argument de saint Thomas : Nihil est causa suipsius, esset enimprius seipso,