I p., q. 3, a. 7. — Contra Génies, liv. I, c. xviri
DE SAINT THOMAS d'AQUIN. 63
qiiod est im-possibile. Il faut donc avouer qne tout composé a une cause; or, Dieu est la cause première, donc il est simple.
En outre, tout composé vient nécessairement après ses composants ; les parties qui forment un tout existant évidemment avant le tout lui-même ; or, Dieu est l'Etre premier, donc il est simple.
Enfin, tout composé est, par cela seul, passible de dissolution ; or, un être qui peut être dissous a en lui-même une pente vers le néant ; on ne peut donc pas admettre une composition en Dieu, puisqu'il existe nécessairement.
Mais nous ne voulons pas nous arrêter plus longtemps sur ces notion^ métaphysiques, et nous abordons la question qui est le sujet de ce chapitre.
Tout ce qu'il y a d'être et de perfections dans les créatures vient du Créateur (1). Les imperfections que nous remarquons dans les créatures ne sont pas de Dieu, mais de la faiblesse de l'être créé qui a été tiré du néant. On se ressent toujours de son origine, et les créatures évoquées de l'abime par la voix toute-puissante du Créateur , doivent porter en elles les marques de leur dépendance et les preuves de leur indigence : ces créatures sont donc nécessairement imparfaites; aussi^ selon les belles paroles de Pascal : « Elles ont des perfections parce qu'elles sont l'image de Dieu, et des imperfections parce qu'elles n'en sont que l'image. » Mais la cause qui produit un effet dans sa totalité doit posséder en elle d'une manière plus excellente et plus noble, tout ce qui se trouve dans son œuvre. Les perfections des créatures doivent donc se rencontrer