‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 32 sur 297 · In 1, Sent., dist. II · texte numérisé non relu

In 1, Sent., dist. II

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en Dieu dans leur plus haute expression, sans aucun mélange (rimperfoclion. Aussi tout ce qui est multiple dans les êtres créés se retrouve un en Dieu à cause de son infinie simplicité.

Nous disons que tout en Dieu est absolument un : c'est la condition indispensable de l'inllnité de sa perfection. Si, en elfet, les perfections de Dieu demeuraient multiples dans la substance divine, aucune d'elles ne pourrait être infinie, et Dieu, par conséquent, ne serait pas infiniment parfait. Supposons un moment que la bonté, par exemple, ne soit pas une seule et même chose avec la Toute-Puissance, il suit de là que la bonté n'a pas l'être de la Toute- Puissance, et par conséquent n'est pas infinie. Si donc tous les attributs, toutes les perfections dQ Dieu ne sont pas une seule chose avec la substance divine et si cette substance divine n'est pas absolument simple, on ne peut pas dire que Dieu soit doué de perfections infinies. On voit maintenant quel rapport intime il y a entre la simplicité et la perfection de Dieu.

Ne croyons pas cependant que cette unité qui réunit tous les attributs divins détruise, pour ainsi dire, la raison formelle de chacun d'eux en particulier. Non, chaque attribut, chaque perfection existe réellement en Dieu, et la raison formelle de la bonté n'est pas la raison formelle de la puissance. Mais toutes ces perfections sont l'essence divine, par conséquent infinies comme elle, et le cardinal Gajetan a donné une magnifique définition de Dieu en disant : Deas est ens, infmitis modis infmilies infinitum, m perfectionibus infinitis.

Dieu est un acte pur, simple, absolu ; il n'a reçu son être de personne et il ne peut pas le communiquer. Il est donc sans limite, soit matérielle, soit formelle : matérielle,

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puisque son être ne peut être communiqué à aucun sujet en dehors de l'Être divin ; formelle, car un acte pur est incapable de recevoir une perfection ultérieure.

Donnons encore une nouvelle preuve à l'appui de notre thèse.

La puissance d'un être est toujours en raison directe de son essence ; or, la création est un effet qui suppose une puissance illimitée. Il faut, en effet, une puissance sans bornes pour appeler à l'existence une chose qui en est infiniment éloignée ; le néant est dans ce cas, puisqu'il est infiniment éloigné de l'être. Dieu donc fait éclater une puissance infinie dans l'acte de la création, par conséquent son essence est infinie, puisqu'elle est en la raison directe de la puiss:mce.

Si Dieu est infini, il est donc partout? La conclusion est nécessaire ; mais saint Thomas ne se contente pas de l'affirmer et de le prouver, il va plus loin et il dit que Dieu est, par son essence, intimement uni à toute chose. Dieu est en toute chose, dit-il (1), non comme partie intégrante, ce serait le panthéisme, mais comme un agent est présent au sujet de son action, car il faut que tout agent soit uni à celui sur lequel il agit immédiatement. Or, comme Dieu est l'être même par son essence, l'être créé est nécessairement l'effet de l'être divin, et. Dieu ne cause pas seulement l'être créé au moment où celui-ci arrive à la vie, mais encore tant qu'il est conservé dans l'existence. Il faut donc que Dieu soit présent à Yêtre de toute chose, tant que cet être persiste, et Dieu est présent selon le mode d'être qui lui est propre, c'est-à-dire, par son essence. Rien ne nous est plus intime que notre être même ; or,

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