‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 34 sur 297 · lustitutions, ch. xvi · texte numérisé non relu

lustitutions, ch. xvi

Dieu est partout parce qu'il est infini dans son essence, et cette essence infinie emporte naturellement avec elle un nombre infini de perfections sans limites. Nous ne pouvons pas traiter de chaque perfection en particulier, cela nous entraînerait trop loin; nous allons exposer seulement la doctrine de saint Thomas sur un attribut qui, sans doute, n'est pas en lui-même plus parfait que les autres, tous étant infinis, mais qui est l'aspect sous lequel on aime à considérer le plus souvent la substance divinç : cet attribut est la Beauté.

Saint Thomas remarque d'abord (1) que le Beau et la Beauté sont en Dieu une seule et même chose, en vertu de la simplicité et de la souveraine perfection delà substance divine. Il n'en est pas ainsi dans les créatures, qui ne sont belles que par participation à la Beauté essentielle. Dieu, d'après saint Denys, communique la beauté aux créatures en leur donnant l'harmonie et la lumière. Ainsi un être est beau lorsqu'il est illuminé par la lumière qui lui est propre (spirituelle, si c'est un esprit; matérielle, si c'est un corps) ; et que toutes ses parties sont dans une proportion exacte. Or^ Dieu illumine tout être créé en le frappant d^un rayon de lumière, et il établit l'harmonie, d'une manière générale d'abord, en ordonnant toute chose vers sa fin dernière ; et ensuite, d'une manière spéciale, en harmonisant chaque être avec luimême et avec ses semblables. Cette lumière et cette harmonie, qui constituent la beauté, doivent nécessairement se trouver en Dieu, mais dans un mode infiniment plus pift-fait.

La première imperfection de la beauté des créatures,

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