Goateusou, livre 1. dissert. 111, ch. ii
DH SAINT THOMAS d'aqUIN. 61
Dieu, qui surpasse toutes les autres, qui est la beauté par essence, la beauté immuable, éternelle, type, principe et lin de toutes les beautés créées.
Les comparaisons dont se sert le théologien que nous venons de citer pour nous faire comprendre la Beauté de Dieu, peuvent s'appliquer à tous les autres attributs, et toujours au sommet de l'échelle, nous trouvons une perfection divine dépassant à l'infini la perfection de la créature. Mais, s'il en est ainsi, pouvons-nous espérer d'atteindre jamais à la perfection divine, et ne devons-nous pas regarder comme impossible à réaliser le commandement de Jésus-Christ: Soyez parfaits comme votre Père céleste est 'parfait [i). Dieu nous garde de traiter aussi légèrement les paroles tombées des lèvres de Notre-Seigneur. S'il veut que nous soyons parfaits comme notre Père céleste, c'est qu'évidemment nous devons aspirer à une perfection surhumaine qui, sans pouvoir jamais l'égaler, s'efTorcera cependant d'approcher toujours davantage de son sublime modèle.
Il existe entre Thomme et Dieu des traits de ressemblance, puisque Dieu a dit en nous créant : Faisons V homme à notre image, et saint Thomas nous apprend (2) qu'un être peut être semblable à un autre de trois manières. Il y a d'abord la similitude parfaite qui est l'égalité. Vient ensuite la similitude avec des degrés de plus ou de moins, comme une lumière pâle est semblable à une lumière plus éclatante. Il y a enfin la similitude qui existe entre la cause et l'effet; la cause devant laisser nécessairement son empreinte sur l'elfet qu'elle produit.