‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 40 sur 297 · Inepisto. ad. Rom. c, xi, lect. V · texte numérisé non relu

Inepisto. ad. Rom. c, xi, lect. V

LA DOCTRINE SPIRITl^llLLE DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 65

Trois considérations nous feront comprendre les premières paroles de l'Apôtre: 0 altitudo !... L'inielli^ence et la science de Dieu sont sublimes par rapport à l'objet de leur contemplation qui est Dieu lui-même. Sans doute, nous le verrons tout à l'heure, Dieu connaît les choses qui sont en dehors de Lui, mais cette connaissance n'est pas l'objet premier de l'intelligence suprême : il n'y a que l'essence divine qui soit à la hauteur de l'intelligence de Dieu.

En second lieu, la manière dont Dieu comprend est aussi sublime que l'objet de sa science, car c'est par luimême qu'il se connaît et qu'il connaît toute chose. L'intelligence et la science divines embrassent tout : « Omnia nuda et aperta sunt ocidis ejus (1), et cela, sans efforts, sans recherches pénibles, sans recours aux faibles moyens dont se servent les hommes, mais par vue tranquille, calme, sûre. Enfin, la science de Dieu est d'une certitude absolue.

C'est la certitude qui donne tout son prix à une science. Si l'on n'arrive pas à la vérité et à la vérité certaine, la sciencen'est qu'unlointain mirage qui séduit les esprits frivoles et qui désespère les nobles âmes. Or, la science de Dieu est non seulement certaine; mais, nous le constalerons bientôt, elle est infaillible.

Entrons maintenant dans le détail de la thèse et précisons la question. La preuve la plus populaire de l'intelligence de Dieu se tire du spectacle du monde. Dans la première partie de son Traité de l'existence de Dieu, Fénelûn la développe avec cette splendeur de langage, cette élévation de pensées et cet incomparable éclat qui répan-

Page 1