Q. XI, a
DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 75
Le second caractère de la science de Dieu, rinvariabililé ou l'infaillibilité est une conséquence de ce que nous avons énoncé plus haut, lorsque nous avons dit que Dieu connaît toute chose dans son essence. En effet, la connaissance qui a pour objet les premiers principes ne peut pas varier; ainsi il sera toujours vrai que le tout est plus grand que sa partie, et, sur ce point, la science humaine est immuable et iniaillible. Or, Dieu tonnait toute chose dans son principe premier qui est Tessence divine ; cette connaissance est directe, simple, intuitive, par conséquent immuable et infaillible.
On ne comprend guère comment on peut sauver la certitude absolue de la connaissance de Dieu si l'on n'admet pas que sa science repose sur la vue de l'essence divine et sur le décret efficace de sa volonté. Ne cherchons donc pas à rabaisser la sublimité de la science de Dieu, n'inventons pas des systèmes qui semblent porter atteinte à la Majesté infinie et qui d'ailleurs sont une faible explication des mystères divins: prosternons-nous, au contraire, au plus profond de notre néant, avouons humblement que les abîmes de Dieu sont insondables, et répétons encore les paroles que nous avons méditées au commencement de ce chapitre : 0 allitudo divitiariim sapientiœ et scientiœ Dei, qiiani incomprehensibilia sunt judicia ejiis et investigabiles viœ ejus ! qtiis enim cognovit sensiim domini? aut qtiis consiliarius fuit ejus?.., ex ipso et per ipsum et in ipso sunt omnia : ipsi gloria in sœcula. Amen.