Bossuet, Stur le parfait abandon
ne fait la gnice inestimable de cet abandon complet qu'aux âmes qui ont déjà pratiqué les plus hautes vertus, et qui, pendant longtemps, ont travaillé à mourir à ellesmêmes pour ne vivre que de Dieu. Aspirons au moins à cet état sublime et disons souvent cette éloquente prière de Bossuet : « Je m'abandonne à vous, ô mon Dieu ; à votre « unitL' pour être fait un avec vous ; à votre infinité et à « voire immensité incompréhensible pour m'y perdre et a m'y oublier moi-même ; à votre sagesse infinie pour être « gouverné selon vos desseins et non pas selon mes pen- « sées ; à vos décrets éternels connus et inconnus pour « m'y conformer, parce qu'ils sont tous également justes; « à votre éternité pour en faire mon bonheur; à votre « toute puissance pour être toujours sous votre main ; à « votre bonté paternelle afin que, dans le temps que vous « m'avez marqué, vous receviez mon esprit entre vos bras ; « à votre justice en temps qu'elle justifie l'impie et le pé- ' cheur, afin que d'impie et de pécheur vous le fassiez « devenir juste et saint. Il n'y a qu'à cette justice qui punit « les crimes que je ne veux pas m'abandonner, car ce « serait m'abandonner à la damnation que je mérite : ' t a néanmoins. Seigneur, elle est sainte cette justice « comme tous vos autres attributs ; elle est sainte et elle « ne doit pas être privée de son sacrifice. Il faut donc « aussi que je m'y abandonne. Et voici que Jésus-Christ « se présente afin que je m'y abandonne en Lui et par Lui. a Donc, ô Dieu saint, ô Dieu vengeur des crimes, j'adore « vos saintes et inexorables rigueurs, et je m'y abandonne « en Jésus-Christ qui s'y est abandonné pour moi afin de « m'en délivrer (1). »
i. Discours sur l'acte d'abandon ù Dieu.