‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 56 sur 297 · PM · texte numérisé non relu

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DE SAINT THOMAS o'AQUIN. 93

tion (1). Cette miséricorde infinie ne lui fait pas oublier sans doute les droits de sa justice, mais la Sainte Écriture se sert de comparaisons qui nous dévoilent une différence sensible entre la miséricorde et la justice de Dieu. Elle dit de la première : pcr vicera misericordiœ Dei nostri (2) et elle nomme la justice : cingiihim Imnboriim ejus (3). C'est pour nous prouver, dit un grand théologien, que la miséricorde est ce qu'il y a de plus intime à la divinité, tandis que la justice lui est extérieure, pour ainsi dire, et elle ne s'exercerait jamais si une cause extrinsèque, c'est-à-dire le pér.hé, ne venait la solliciter.

C*f st la miséricorde qui résume les principaux traits de la providence divine : étudions la en elle même et dans ses effety généraux.

La miséricorde, dit saint Thomas (4), peut s'envisager comme passion affective en tant que celui qui en est le sujet souffre réellement à la vue des malheurs d'autrui, et, ainsi comprise, on ne doit pas l'attribuer à Dieu qu'aucune tristesse ne peut atteindre; mais on peut la considérer dans ses effets, c'est-à-dire, en tant qu'elle écarte de ceux vers lesquels elle s'épanche les douleurs qui les menacent, ou qu'elle guérit avec sollicitude les plaies inévitables qui sont le triste apanage de la nature humaine. C'est dans ce dernier sens que la miséricorde est en Dieu, et l'histoire des âmes n'est que le tableau des miséricordes divines.

La douceur et la suavité de la miséricorde de Dieu brillent d'abord dans celte ineffable tendresse qu'il témoigne aux justes et aux saints. Il les comble, même dans cette

t. II Cor.,i, 3.

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