‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 58 sur 297 · Joan., XIV · texte numérisé non relu

Joan., XIV

DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 95

Dieu ne se contente pas, dans sa miséricorde, d'accorder aux justes la grâce du Saint-Esprit et les lumières surnaturelles qui les illuminent, il les comble de joies si vives et de si suaves délices, qu'un saint, ne pouvant en soutenir le poids s'écriait : « Seigneur retirez-vous un peu de « moi, car ma faiblesse ne peut supporter la grandeur des « joies qui m'inondent (1). » Ce sont ces ivresses divines qui ont été chantées dans le Cantique des Cantiques, livre fermé à tous ceux qui n'on jamais éprouvé combien sont grandes les douceurs que Dieu réserve à ceux qui le craignent. » (2) Dieu fait goûter aux saints, au milieu de leurs délices, ce calme si pénétrant d'une conscience droite, et il met dans leurs mains le sceptre de la vrai liberté de cette liberté dont il est écrit : Là où est Vesprit du Seigneur, là est la liberté (3) ; et encore : Si vous gardez mes commandements vous serez véritablement mes disciples, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous délivrera (4).

Cependant, tant qu'ils sont dans l'exil, les saints ne sont pas à l'abri des contributions qui pèsent sur tous les enfants d'Adam ; Dieu lui-même leur envoie souvent de cruelles épreuves pour les détacher du monde et d'euxmêmes; mais la Sainte Écriture nous trace un touchant modèle de l'àme juste en proie à ces angoisses, dans ces trois jeunes gens jetés dans les flammes dont un ange vint apaiser les dévorantes ardeurs : Je vois, dit le roi, quatre hommes qui marchent librement au milieu du feu, le quatrième est beau comme le fils de Dieu (5). C'est ainsi

i. s. Jean Climaque.

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