Daniel, m
que les saints passent par le feu des tribulations sans être vaincus, car ils ont avec eux, mieux qu'un ange beau comme le fils de Dieu, ils ont le fils de Dieu lui-même qui a passé par là avant eux, et au plus fort de l'épreuve, ils redisent ces paroles de l'Apôtre : Béni soit Dieu, Père de Noire-Seigneur Jésus- Christ, Père des miséricordes et de toute consolation, qui nous console au milieu de toutes nos tribulations (1).
Si la miséricorde de Dieu est inépuisable à l'égard des saints tant qu'ils persévèrent dans leurs voies, elle est peut-être plus admirable encore envers ceux qui, succombant sous le fardeau de la nature déchue, abandoiment, pour un moment, les sentiers de la justice. Ahl c'est alors que Dieu déploie toutes les richesses d'une miséricorde infinie et fait entendre à l'àme égarée les sublimes accents de son amour méconnu. Toutes les plaintes des prophètes sur l'ingratitude d'Israël, les déchirantes lamentations de Jérémie sur les ruines de Jérusalem, et enfin les plus touchantes paraboles de l'Évangile : voilà ce que la Sainte Écriture nous apprend des miséricordes de Dieu à l'égard des pécheurs. « Dieu, dit le B. Henri Suzo, est une source « inépuisable d'infinie miséricorde et de souveraine ten- « dresse. Il n'y a pas de mère dévouée qui soit plus « prompte à retirer des flammes le fils qu^elle a porté dans « son sein, que Dieu n'est empressé à secourir une àme « pénitente, eût-elle commis mille fois tous les péchés du « monde. Dites-nous, très doux Seigneur, d'où vient que « les âmes pénitentes vous trouvent si tendre, si aimable « et goûtent en vous et par vous tant de bonheur. La « cause d'un si grand amour n'est pas leur innocence, mais