‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 60 sur 297 · I Cor., I · texte numérisé non relu

I Cor., I

« elles pleurent leurs fautes, elles comprennent leur indi- « gnité, elles savent que vous n'avez pas besoin de nous ; « et pourtant vous vous donnez si généreusement, vous a les recevez si tendrement dans le sein de vos miséri- « cordes 1 C'est cela, Seigneur, qui fait comprendre votre « grandeur et votre tendresse aux âmes pénitentes, à tous « les cœurs des hommes. Il vous est aussi facile de re- « mettre à vos débiteurs mille talents qu'un seul, de par- « donner à une àme mille crimes qu'un péché. Votre bonté « surpasse toutes les bontés. Aussi ces âmes sont confon- « dues par les douceurs de votre infinie miséricorde, et « elles se reconnaissent incapables de vous rendre les « actions de grâces que mérite votre indulgente bonté. » (1) Les pécheurs peuvent se diviser en deux grandes classes : ceux qui, habituellement en état de grâce, tombent cependant quelquefois et se relèvent vite; et ceux qui oubliant Dieu et leur àme, vivent dans un état habituel de péché. La miséricorde de Dieu n'est pas moins grande à l'égard de ceux-ci. Elle supporte leur égarement avec une patience sans bornes ; elle les exhorte à la pénitence alors qu'ils ne méritent que le châtiment. On est étonné de la patience de Dieu ; les pécheurs marchent le front levé, ils semblent un vivant défi jeté à la Providence et à la justice de Dieu, et souvent des âmes animées d'un zèle peu éclairé sont tentées d'accuser la lenteur des jugements divins. Il y a dans ce zèle indiscret un orgueil caché et une ignorance profonde des miséricordes de Dieu. Pour nous engager à Thumililé, souvenons-nous de cette belle parole de saint Augustin : « 11 n'y a pas un seul péché commis par un « homme qui ne puisse être commis par un autre homme

Page 1