‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 68 sur 297 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

GFÎAPITRE VKI

DE LA TRINITR,

Jusqu'à présent nous avons médité sur les perfections divines qui sont communes à l'essence de Dieu; mais tous les fidèles savent que cette unité est trine, et que Dieu, un en substance, est trois en personne.

Si jamaisrintellligencehumaine est accablée sous le poids de l'immensité de Dieu, c'est surtout lorsqu'elle plonge ses regards dans ces profondeurs et qu'elle essaie de soulever ces impénétrables voiles. L'étude que nous entreprenons dans ce chapitre, quelque aride et sèche qu'elle paraisse, est cependant admirablement propre à faire germer dans notre àme cette vertu qui est la base inébranlable de la vie intérieure : l'humilité. Sans elle, en effet, la vie spirituelle est un édifice bâti sur le sable : si nous ne sommes pas entièrement convaincus du peu que nous sommes ; si nous ne faisons pas une guerre acharnée à cette tendance malheureuse qui porto tout homme à se complaire dans la pensée de perfections souvent imaginaires ; si nous n'aimons pas à constater nos défauts pour nous en humilier et les combattre ; si dans nos rapports avec le prochain, nous méritons ce sanglant reproche de

DK SAINT THOMAS d'aQUIN. 113

Notre-Seigneur: (.< Hypocrite y arrache d'abord la poutre qui est dans ton œil, et alors tu pourras songer à enlever la paille qui est dans Vœil de ton frère (1); » en un mot, si nous ne sommes pas profondément humbles ou si nous ne le travaillons pas à le devenir, tous nos efforts sont inutiles, et quand nous dirions à Dieu: « Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas enseigné en votre nom: n'avons-nous pas chassé les démons et opéré d'éclatantes œuvres? y> il vous sera répondu: « Je ne vous connais pas {î) ». Toutes nos études sur les perfections divines doivent faire naître et grandir cette vertu nécessaire ; car, à mesure que l'on avance dans la connaissance de Dieu, la lumière qui vient d'en haut nojs fait voir avec évidence que nous ne sommes rien, et que nous ne pouvons rien sans le secours immédiat et continuel de Dieu. Mais, c'est surtout quand nous essayons de pénétrer dans le sanctuaire de la vie intime de Dieu que la lumière devient trop éblouissante pour la faiblesse de notre regard, et qu'après de vaines tentatives pour mesurer l'abime, nous sommes obligés de redire, avec le profond sentiment de noire néant, ces grandes paroles de Bossuet: « Je m'y perds, je n'en puis plusl » (3) Tel est le fruit que nous devons retirer de notre méditation sur le mystère de la Trinité.

Il y a un Dieu souverainement parfait, infini, éternel, absolu. De touie éternité. Il engendra un fils semblable à Lui. Le terme de cette génération est une personne réellement distincte de la première, et cependant infinie, éternelle, absolue, comme Elle. Dans les profondeurs des

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