‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 70 sur 297 · In Boél. De Trinitate, q. xi, a · texte numérisé non relu

In Boél. De Trinitate, q. xi, a

DE SAlNt THOMAS d'aQUIN. 115

scruter les secrets divins, mais il s'enhardit en disant que, puisque toute la perfection consiste dans notre union avec Dieu, notre raison doit s'eliorcer d'avancer dans la connaissance de Dieu, afin que notre intellij^jence puisse se reposer dans ces nméditations divines. Nous ne pouvons pas, ajoute-t-il, pousser nos investip^ations au-delà des limites infranchissables pour l'intelligence, et notre raison doit s'incliner toujours devant celte lumière supérieure que Dieu a daigné allumer dans nos âmes. Le mystère de la Triniié est par excellence une vérité de foi^ car, sans la révélation, nous ne l'aurions pas même soupçonné.

Nous ne connaissons Dieu, en effet, que par les créatures, elles nous aident à remonter vers Lui comme à leur cause; or, la causalité divine étant un principe commun aux trois personnes, les créatures, qui proclament Texislence et l'unité de Dieu, se taisent sur la Trinité des personnes. Aussi, nous ne pouvons alléguer aucune preuve rationelle décisive en faveur du dogme de la Trinité; il faut nous contenter de croire et soumettre notre raison à l'autorité de la foi. Il y a cependant des convenances (jui, sans autoriser des conclusions rigoureuses, éclairent le mystère do tremblantes lueurs, et suffisent pour nous encouragera faire quelques pas vei^s ces inaccessibles hauteurs, dont la trop grande lumière ne nous permettra jamais de gravir les dernières cimes. Nous n'avons donc pas la prétention de prouver ]a. Trinité, nous voulons simplement exposer les probabilités dont saint Thomas entoure ce dogme (1).

On doit remarquer d'abord que le mystère de la très aintc Trinité, tel qu'il nous est révélé par les saintes Écri-

Page 1