I^p., q. xxviia. iet seq
116 LA DOCTHIXE SPIHITCELLE
tures, suppose en Dieu une activité intérieure dont le terme est immanent, et dont le résultat est la génération duVerbe et la procession du Saint-Esprit. Nous disons qu'il faul reconnaître en Dieu une activité intérieure; car, dans la génération de son Verbe, la première personne de la Trinité émet un acte d'une intensité et d'une puissance infinies puisqu'elle engendre un Dieu. Si le Père gardait dans une immobilité éternelle les flots de la divinité. Il régnerait solitaire dans les profondeurs des cieux. Il n'aurait pour témoin de sa gloire que les espaces silencieux, et aucun écho ne répondrait à sa voix, quand il appellerait à lui un autre Luimême pour lui faire partager son bonheur et régner avec Lui dans les siècles des siècles. Il n'en est pas ainsi. La vie divine ne peut rester inactive, celte perfection souveraine ne peut rester inféconde; aussi la première personne de la Trinité porte dans son sein (c'est la parole de l'Écriture), cette sagesse éternelle, dont il est écrit : Nondiim erant abyssl et ego jam concepta eram : ante colles ego parturiebar (1) : Les abîmes n'existaient point que j^étais déjà conçue; j'étais enfantée avant les collines.
Cette activité est immanente, c'est-à-dire, que l'effet ne s'en fait sentir que dans l'essence divine. L'intelligence humaine, dans la conception de la vérité, est une image affaiblie de l'activité intime et immanente dont nous parlons. Lorsque nous concevons une vérité, il procède de nous et en nous un verbe qui est l'image de la chose comprise: c'est la plus noble de toutes les activités créées ; nous devons donc, à plus forte raison, la reconnaître en Dieu, et c'est à ce prix seulement que l'on sauve, dans