‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 72 sur 297 · Prov., c. vin. 24, 2o · texte numérisé non relu

Prov., c. vin. 24, 2o

DE SAIXT THOMAS d'aôUIN. H7

l'explication du mystère, l'unité de la substance et la consubstantialilé des personnes.

S.iint Thomas cite (l) les nombreux textes de l'Écriture dans lesquels le Verbe est appelé Fils de Dieu : le mode de procession du Verbe est donc une génération réelle.

Pour qu'il y ait entre la seconde et la première personne de la Trinité une relation de fdiation et de paternité, il faut que le Verbe procède du Père dans un acte vivant, et qu'il lui reste uni dans la similitude de nature : telles sont les conditions de toute j^énération. Or, le Père engendre le Verbe dans un acte d'une vie inénarrable; il lui reste uni, puisque c'est une génération spirituelle, dont la conception de la vérité nous donne une idée; enfin il y a entre eux non-seulement similitude, mais unité do nature : c'est donc une génération réelle et parfaite, et le Verbe est vraiment Fils de Dieu. Essayons maintenant d(î découvrir autant que le permet notre faiblesse, comment s'opère dans le sein de Dieu, cette ineffable génération (2).

Dieu se comprend lui-même : or, tout objet conçu par une intelligence et résidant en elle s'appelle pensée, parole intérieure, verbe. 11 y a donc en Dieu, se comprenant lui-même, une pensée, une parole intérieure^, un verbe de Dieu qui est, pour ainsi dire, comme un Dieu compris, ou plutôt conçu, dans une réelle et parfaite génération : aussi l'Évangile de saint Jean dit que le Verbe était en Dieu. Mais l'intelligence divine étant un acte toujours vivant, il suit de là que le Verbe a toujours été en Dieu et par conséquent qu'il lui est co-éternel ; c'est ce que nous apprend saint Jean par ces paroles : « Au commencement

{. Coiit. Génies, lib. iv, c. ii.

i. Cont. Geutes, lib. iv, c xi.

était le Verbe ». Eu outre, l'intelligence divine étant nonseulement un acte, mais un acte pur, il faut admettre que la substance de l'intellip^ence divine est la raison formelle et fondaujentale de son acte intellectuel ; l'être de son Verbe est donc le même que l'être de l'intellinjence divine; or, Fintelligence divine se confondant avec la substance de Dieu (ainsi que nous l'avons vu dans un des chapitres précédents) nous concluons que le Verbe est de la substance même de Dieu, c'est-à-dire, qu'il est Dieu : « Et Deus erat Verbum ».

Ce Verbe de Dieu existant dans le Dieu qui l'engendre est subsistant en soi et, comme tel, distinct du Principe générateur : en d'autres termes, il y a entre le Père et le Fils unité de substance et distinction de Personnes.

Le Fils de Dieu est unique puisqu'il est parfait et infini. La parole intérieure, que Dieu prononce de toute éternité, exprime totalement, dans une simplicité et une unité absolues, toute la pensée divine ; Dieu, dit Job, ne parle qu'une fois « semel loquitur Deus (1). »

(^est cette génération éternelle du Verbe de Dieu que Bussuet a célébrée dans la page sublime qui est dans toutes les mémoires et qu'on n'admirera jamais assez: « Où vais-je me perdre? dans quelle profondeur? dans « quel abime ? Jésus-Christ, avant tous les temps, peut-il « être l'objet de nos connaissances ? sans doute, puisque « c'est à nous qu'est adressé lÉvangile. Allons, marchons « sous la conduite de l'aigle des Évangélistes, du bien- « aimé parmi les disciples, d'un autre Jean que Jean- « Baptiste, de Jean enfant du tonnerre, qui ne parle « point un langage humain, qui éclaire, qui tonne, qui

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