‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 73 sur 297 · XXLIII · texte numérisé non relu

XXLIII

DB SAINT THOMAS d'aQUIN. 119

« étourdit, qui abat tout esprit créé sous l'obéissance de > la foi, lorsque, par un rapide vol, fendant les airs, per- (i çant les nues, s'élevant au-dessus des anges, des vertus, « des chérubins et des séraphins, il entonne son évangile par ces mots : a^Au commencement était le Verbe (1).... »

La génération du Verbe nY'puise pas la fécondité de Dieu, car des deux premières Personnes procède une troisième : le Saint-Esprit.

Le Père contemple le Fils et il l'aime ; le Verbe fait refluer vers le Père cet éternel amour, et tous les deux s'étreignent dans un embrassement infini en l'unité du Saint- Esprit, qui est le mutuel amour du Père et du Fils, et qui procède de l'un et de l'autre, comme tout amour procède de l'intelligence de celui qui aime.

Le Saint-Esprit est l'amour essentiel du Père et du Fils ; par cela même sa relation avec la première Personne de la Trinité n'est pas, comme celle du Fils, une génération : aussi, pour l'exprimer, l'Église se sert de l'expression consacrée : procession. Cette dilférence est fondée sur la nature même du mode d^action de l'intelligence et de la volonté. L'acte intellectuel, en elîet, s'opère dans sa plénitude, lorsque Tobjct compris s'imprime dans l'intelligence pour y produire une fidèle image de sa nature propre, tandis que Tacte de la volonté consiste dans un mouvement de cette puissance vers le but qui l'attire. L'acte intellectuel est donc une génération puisqu^il y a reproduction dans l'intelligence de l'objet compris ; l'acte de la volonté, au contraire, ne consiste que dans l'impulsion qui l'incline vers son objet. On ne peut donc pas dire que la Personne divine qui procède de la volonté et de l'amour

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