‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 81 sur 297 · Cant., n · texte numérisé non relu

Cant., n

de se faire homme par amour pour nous, qu'il a pardonné à Madeleine et dévoilé à la femme de Samarie le mystère de la Rédemption, qu'il nous a purifiés de toutes nos fautes par le sang répandu sur la croix, oh! alors, malgré les amers souvenirs d'une vie pleine de défaillances, notre espérance se ranime, et si, malgré toutes nos faiblesses, nous avons la bonne volonté de marcher dans la voie qu'il nous a tracée, nous avons le droit d'espérer que la vie et la mort d'un Dieu ne seront pas inutiles et qu'un jour, comme le Père de l'enfant prodigue, il dira à ceux qui lui sont restés fidèles : « Réjouissons-nom car mon fils était perdu et il est retrouvé, il était mort et il est ressuscité {i). »

Enfin le mystère de l'Incarnation a allumé le feu de l'amour divin. Avant Jésus-Christ, le sentiment que l'homme éprouvait pour Dieu était la crainte plutôt que l'amour, et la note dominante de la loi ancienne était, faut-il le dire? la peur de Dieu. C'est que Dieu et l'homme n'étaient pas encore réconciliés en Jésus-Christ, le Verbe incarné n'avait pas déchiré sur la croix l'édit de notre condamnation. L'homme était coupable et Dieu irrité, la flamme des holocaustes et le sang des victimes étaient impuissants pour apaiser les flols de la colère divine, et la crainte devait l'emporter sur l'amour. Mais aussitôt que Dieu eut donné au monde féclatante preuve d'un immense amour en mettant son Fils unique au nombre des enfants d'Adam, la crainte alors fit place à ce feu que Jésus-Christ est venu apporter sur la terre, qui consume ou transfigure toutes les autres passions et fait jaillir de leurs cendres les flammes divines qui ont dévoré le cœur des saints.

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