Hum., vir
DE SAL^T THOMAS d'aQUIX. 137
adultères, comme par exemple ce puhlicain ; je jeune deux fois par semaine et je donne la dîme de tous mes biens. Et le puhlicain se tenait au loin, il n'osait même pas lever les yeux vers le ciel; mais il frappait sa poitrine en disant : Seiqneur, ayez pitié de moi, pauvre pécheur. Je vous le dis: celui-ci s'en alla justifié et le pharisien condamné : car quiconque s'élève sera humilié, et quiconque s'abaisse sera exalté (1). « Quel avertissement terrible pour tous ces pharisiens orgueilleux et contents d'eux-mêmes, qui se font de leurs vertus factices et de leurs vaines observances un piédestal, d'où ils prennent en pitié tous ceux qui ne les admirent pas ou ne pensent pas comme eux. Oh ! soyons humbles et charitables, et ne jugeons pas pour n'être pas jugés.
C'était pour arriver à ce résultat, pour laisser faire à l'humanité une longue exnérience de la faiblesse de son libre arbitre que Dieu a retardé l'Incarnation de son Verbe, Si le mystère se fût opéré immédiatement après la chute, l'homme n'eût pas assez connu la gravité de son mal. Mais pendant quatre mille ans, l'humanité s'est débattue sons l'étreinte du péché, elle a roulé dans d'effroyables abîmes pour nous apprendre de quoi elle est capable sans la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Dieu cependant n'attendit pas Tlncarnation pour venir en aide à l'humanité. Il lui donna la loi Mosaïque, mais la nature humaine était tellement déchue que la loi de Moïse, bonne en elle-même, ne fit pourtant qu'aggraver sa culpabililé (2); c'est la doctrine formelle de saint Paul dans les premiers chapitres de l'Épitre aux Romains.